Jurassic World 2, une suite en voie d’extinction

Jurassic World 2

(Jurassic World : Fallen Kingdom)

de Juan Antonio Bayona 

Aventure, Science-fiction

Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Rafe Spall

Sorti le 6 juin 2018

Quand ça fonctionne, on dépense sans compter à Hollywood. Le succès commercial de Jurassic World en 2015 n’a donc pas tardé à faire passer cet épisode de la série au statut de reboot d’une trilogie complète. Pour le meilleur ?

Jurassic World 2 (Jurassic World : Fallen Kingdom) reprend donc trois ans après que les dinosaures se soient échappés de leurs enclos et qu’ils aient détruit le parc à thème Jurassic World. L’Isla Nublar a été abandonnée par les humains, alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île se réveille, Owen (Chris Pratt) et Claire (Bryce Dallas Howard) sont embauchés pour sauver les dinosaures restants de l’extinction. Ou du moins c’est ce qu’ils croient…

Comme toute suite qui se respecte (ou pas) au pays de l’oncle Sam, on en fait plus : plus de dinosaures, plus d’effets spéciaux, plus de modifications génétiques et plus… d’absurdités !

Là où Jurassic World premier du nom jouait sur l’autodérision et savait aborder ses extravagances avec humour, ce volet se prend les pieds dans un scénario brinquebalant et tiré par les cheveux (par ailleurs très similaire à Le Monde perdu) à la limite de la série B. Les millions en plus.

Juan Antonio Bayona, réalisateur du renversant The Impossible et du très poignant A Monster Calls (Quelques minutes après minuit), peine globalement à jouer la carte de la légèreté dans sa mise en scène et ne rejoint pas totalement le mordant de l’esprit «Jurassic Park». Ou du moins pas de manière homogène.

Car oui, certaines scènes, pleines de tension, valent le détour en offrant des frissons et du grand spectacle (parfois un peu gratuitement) mais sur un rythme non régulier, alternant avec des moments beaucoup moins inspirés. Voire chaotiques. Même l’alchimie entre les deux protagonistes principaux, qui avait participé à la réussite de Jurassic World, n’est exploitée qu’en surface.

Autre déception : Jeff Goldblum, aka le Professeur Malcolm. Ou plutôt son absence. Utilisé comme produit marketing pour la promotion du film, son intervention, anecdotique, se résume (à peu près) à sa présence dans la bande annonce. Un peu à l’instar d’Omar Sy. Ah, il n’était pas dans cet épisode ?

Le prochain épisode s’annonce cependant comme un tournant dans la saga. Le lieu de l’action, plus ou moins annoncé, semble en effet dépasser largement le cadre de l’Isla Nublar, de l’Isla Sorna ou d’une «simple» ville. Nous serons plus que probablement dans un véritable Jurassic «World». Voire dans un film «post-apocalyptique».

En espérant que Colin Trevorrow, qui reprend les commandes, retrouvera l’énergie et la spontanéité du premier épisode. Réponse le 11 juin 2021.

Bonus : Tu sais que tu es fan de Jurassic Park quand …

Quentin Geudens
A propos Quentin Geudens 95 Articles
Journaliste du Suricate Magazine