Jeff Panacloc, la star du moment

Crédits photos © Ingrid Mareski

Quel enfant n’a jamais succombé aux charmes d’une marionnette ? Quel bambin n’a jamais été émerveillé par un ventriloque, ce magicien donnant vie à une peluche en un tour de bras ? Mais aussi, quel adulte n’écarquille pas ses yeux devant cet art ?

Jeff Panacloc en est l’un des plus grands représentants et est actuellement celui qui fait fondre en larmes les petits et les grands.

Rencontre avec Jeff, le (com)père artistique de Jean-Marc.

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Comment vous êtes-vous décidé à devenir ventriloque ?

J’ai commencé par la magie à l’âge de douze ou treize ans. Sauf que je n’étais pas très assidu et du coup, j’ai très vite stagné dans cet art.

Un jour, je suis allé voir un ami qui jouait dans un cabaret parisien. Pendant ce spectacle, il y avait un ventriloque dénommé David Michel et sa marionnette, un pingouin, qui s’appelait Nestor.

Lorsqu’il est monté sur scène, il a commencé à draguer les filles et faire rire la salle. Dès ce moment, je me suis dit que c’est cela que je voulais faire.

J’ai alors commencé à l’imiter puis, petit à petit, à force de persévérance, j’ai trouvé mon personnage.

On imagine que cela vous a pris beaucoup de temps à pouvoir maitriser cet art ?

En fait, je ne suis pas très patient comme garçon. Dès lors, je travaillais très souvent seul, sans en parler à qui que ce soit. C’est alors que j’ai eu l’opportunité de participer à un spectacle organisé dans ma ville.

Je suis monté sur scène avec mon premier Jean-Marc et depuis, je ne suis plus jamais redescendu. Alors, avec le recul, je dois bien avouer que le sketch était nul mais j’avais laissé une bonne impression au public mais aussi à mes parents qui n’en revenaient pas.

En Belgique, vous nous avez été révélé par l’émission de Patrick Sébastien, Le plus grand cabaret du monde. Comment êtes-vous arrivé dans cette émission ?

J’ai rencontré Patrick Sébastien cinq ans auparavant dans un festival. J’avais gagné un concours organisé au cours d’une soirée dont il était le parrain.

Il m’a remis le prix, nous avons discuté un peu puis, il m’a dit : « Tes textes ne sont pas terribles, mais tu as une bonne technique. Je te laisse travailler un peu et un jour, je te rappellerai ». Je n’y croyais pas.

Mais cinq années plus tard, il a appelé la personne avec qui je travaillais à l’époque pour savoir où j’en étais. Nous avons envoyé un DVD et il m’a pris dans l’émission pour faire un sketch. Depuis, je n’en suis plus jamais sorti.

L’art d’être ventriloque n’est pas nouveau, en vous voyant, on pense à Christian Gabriel ou Jeff Dunham. Mais pensez-vous que vous avez relancé cet art au bon moment ?

Quand j’apprenais la ventriloquie, Christian Gabriel était déjà au Plus grand cabaret du monde et il fait partie des gens qui m’ont donné l’envie de faire ce métier. Par après, on l’a moins vu, et j’ai pris en quelque sorte le relais.

Je pense que cet art ne s’est jamais arrêté et comme dans tout métier, les anciens laissent la place aux plus jeunes, et ainsi de suite.

Concernant, Jeff Dunham, il faut savoir que je suis un vrai passionné de spectacles. Et, que ce soit à Londres ou à Broadway, on peut voir des shows que nous avons beaucoup de mal à voir en France. Lui, il fait un vrai show.

Sur ce point, il est clair que Jeff Dunham m’inspire énormément.

jeff panacloc

Lorsque l’on regarde vos prestations, on vous sent en recul par rapport à Jean-Marc…

Ah non, c’est justement le contraire. Il faut venir voir le spectacle pour comprendre que l’un ne va pas sans l’autre. Si Jean-Marc existe, c’est parce que je suis là pour prendre les coups qu’il donne.

Jean-Marc dit tout ce qu’il pense, il n’a aucun tabou. Ce côté impertinent est venu dès le départ ou cela s’est fait avec le temps et les réactions du public ?

Cela s’est fait très naturellement. Au départ, je faisais des petits sketchs avec Jean-Marc. Il draguait déjà un peu et il blaguait. Dans ces premiers sketchs, Jean-Marc imitait, entre autres, Michael Jackson.

Mais le jour où Michael Jackson est décédé, je me suis demandé ce que j’allais faire. Le sketch était foutu pour moi. Dès lors, le jour même, j’ai décidé d’écrire un sketch sur sa mort. Le soir, je jouais dans un cabaret et on m’a conseillé de ne pas le faire.

Je l’ai tout de même tenté et ça a cartonné. Premièrement, il y avait le culot de s’en moquer le soir même, et deuxièmement, cela a déclenché le style d’écriture que tout le monde connait aujourd’hui. Jean-Marc peut tout se permettre.

Que ce soit lors de vos passages en télévision ou dans vos spectacles, on sent une aisance, une certaine facilité, on a presque l’impression que tout est improvisé. Même si l’on sait qu’il y a beaucoup de travail derrière, improvisez-vous quelques fois ?

Bien sûr. Que ce soit en spectacle ou à la télévision, il y a toujours une grosse partie écrite mais après, j’aime bien jouer avec l’humeur du moment ou les réactions des gens. Je pense que l’improvisation permet aux gens de sentir que nous sommes avec eux, et pas juste à deux dans notre spectacle.

C’est assez jubilatoire de voir l’étonnement des gens.

Personne ne vous en a jamais voulu d’avoir été attaqué personnellement ?

Jamais. Au contraire, j’ai vanné des personnalités qui m’ont beaucoup aidé par la suite comme Pascal Obispo, Jamel Debbouze, Gad Elmaleh ou Franck Dubosc.

D’ailleurs, j’ai l’impression que certaines personnes sont vexées si elles ne sont pas vannées dans l’émission de Patrick Sébastien.

Est-ce que le public pourra voir plusieurs personnages dans le spectacle ?

Pour l’instant non, mais on y travaille. Peut-être dans le futur.

Propos recueillis par Matthieu Matthys


Jeff Panacloc et Jean-Marc seront en Belgique le 15 octobre au Cirque Royal, le 17 octobre au Wex de Marche-en-Famenne, le 11 novembre à Huy, le 17 novembre au Forum de Liège, le 10 décembre à Spa, le 11 décembre à Mons, le 26 février à Charleroi, le 27 février à Louvain-La-Neuve, le 28 février à Bastogne, le 8 avril à Braine-Le-Comte, le 9 avril à Mouscron, le 10 avril à Tournai et le 11 avril à Namur.

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Matthieu Matthys
A propos Matthieu Matthys 737 Articles
Omniscient avorté, avide de nouveautés et en recherche perpétuelle du pourquoi du comment, je suis fondateur, directeur de publication et responsable cinéma du Suricate Magazine.

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