Hôtel Transylvanie 3, les vacances de Dracula

Hôtel Transylvanie 3

de Genndy Tartakovsky

Animation

Sorti le 18 juillet 2018

N’ayant plus pris de congés depuis de nombreuses années, Dracula ressent peu à peu la fatigue et la solitude. Voyant son moral se dégrader, sa fille Mavis décide de lui offrir des vacances. C’est ainsi que tous les monstres de l’hôtel Transylvanie s’embarqueront dans une croisière vers l’Atlantide !

Après deux premiers films et une série télévisée relativement sympathiques, il semblerait que la licence Hôtel Transylvanie commence à s’essouffler. Si, pour ce nouvel épisode, les scénaristes parviennent à injecter de la nouveauté au récit en y introduisant notamment le personnage d’Abraham Van Helsing ainsi que quelques ressorts comiques nouveaux comme les hilarants Gremlins, cette recette ne tient pas la durée.

Pour commencer, Hôtel Transylvanie 3 peine réellement à démarrer et s’avère relativement pénible jusqu’à ce que les personnages montent dans l’avion de la Gremlin Air destiné à les amener au triangle des Bermudes. Vont dans cette première partie se succéder toutes sortes de plaisanteries faciles dont la grande majorité tomberont à plat. Malgré tout, le film parviendra à ne pas se transformer en insulte à l’intelligence du public : il apparaîtra très rapidement évident qu’Erika, le capitaine du bateau de croisière, cache un important secret et il ne faudra pas dix minutes avant que celui-ci ne soit révélé. Les créateurs auront donc la sagesse de ne pas prendre les spectateurs pour des imbéciles.

Cependant, l’aptitude des scénaristes à se renouveler sur certains points semble cacher une incapacité à innover sur le fond. L’histoire, comme pour les deux premiers films, est finalement celle d’un personnage aveuglé par ses préconceptions qui va être amené à découvrir son erreur et à regarder au-delà des apparences.

Malgré tout, une fois passée cette introduction, Hôtel Transylvanie 3 parvient à remplir sa mission de divertissement durant une bonne partie de ses 97 minutes et se laisse regarder avec un plaisir plus ou moins équivalent à ses deux prédécesseurs. Cependant, cette amélioration sera d’assez courte durée, les scénaristes abandonnant toute tentative de créer quoi que ce soit d’original dans la dernière partie du film, allant même jusqu’à offrir une séquence finale musicale faisant très fortement penser aux pires parties des Pingouins de Madagascar. Toute la tension bâtie au cours du récit en vue du dénouement retombera alors pour laisser place à une fin assez ringarde, voire de mauvais goût, genre de redite du combat final de Tenacious D et le Médiator du destin (2006) mélangé avec les Minions et la Macarena… À ce moment, les scénaristes semblent ne plus en avoir rien à faire de leur histoire.

Au final, malgré des débuts lents et une fin totalement bâclée, reste un divertissement sympathique vraiment calibré pour un public jeune et peu regardant.

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 113 Articles
Journaliste du Suricate Magazine