Every Day, conseillé aux moins de 18 ans

Every Day

de Michael Sucsy

Drame, Fantastique

Avec Angourie Rice, Justice Smith, Owen Teague

Sorti le 14 mars 2018

Une jeune adolescente timide, Rhiannon (Angourie Rice), tombe amoureuse d’A, un être qui se déplace à travers le corps de plusieurs habitants de la région. Sa vie de jeune adolescente va s’en voir chamboulée et cette rencontre l’aidera à comprendre ce qu’est une vie d’adulte, une vie où les choix ne sont pas toujours faciles.

Comment appréhender un film qui ne s’adresse pas à vous ? Dès les premières minutes, on entre dans un univers qui ne s’ouvre qu’aux seuls adolescents. À travers la vie de Rhiannon, une « average girl » typique de l’adolescente américaine moyenne, blonde, intelligente mais rêveuse, un peu superficielle et égocentrée… c’est à dire l’opposée totale de l’adolescente rebelle, marginale et névrosée. Ses problèmes sont futiles et sa vie tourne essentiellement autour de la recherche de l’amour, du moins celui que la société lui a appris à chercher.

Un conte de fée qui peut sans doute paraître puéril et idéaliste si on essaie de s’identifier à elle. Mais le fait est que cette rencontre va avoir lieu et, bien qu’elle soit tout à fait prête à l’embrasser, la magie va montrer un double visage. Et c’est là qu’est sans doute la force du film. Très bien servi d’ailleurs par une Angourie Rice rayonnante qui donne beaucoup de fraicheur au personnage de Rhiannon. On peut d’autant plus saluer sa performance qu’elle a dû s’adapter à différents partenaires pour chaque scène avec A et il y en a quelques-unes.

La métaphore de l’être idéal, A, est d’ailleurs très finement interprétée. C’est un être asexué et Rhiannon n’y voit aucun problème. Voici un bel exemple de la modernité du propos de ce film. Qu’importe le sexe de l’être pour qui vous avez des sentiments du moment que les sentiments sont purs. Pur, A l’est dans ses émotions car il est la matérialisation onirique de l’être idéal qui va vous apprendre qui vous êtes mais aussi qui, au final, vous isolera des autres.

La mise en scène est sobre et à hauteur de vue des personnages. Il nous est donc facile de rentrer dans ce conte réaliste. Pourtant – et malgré la volonté de faire de ce film une tranche de vie poétique – l’auteur tombe régulièrement dans le cliché parfois un tantinet dégoulinant. Même si la forme est intelligente, l’être idéal que l’on nous présente ressemble tout de même assez à celui que la morale américaine considère parfait et on retombe alors dans la narration d’un « teen movie » classique. Le scénario en perd de sa saveur pour finir par ennuyer (un peu) le spectateur à la longue.

Partant d’une bonne idée, Every Day est malgré tout, un vrai « teen movie ». Bien qu’intelligemment écrit et mis en scène, son scénario ne tient pas la longueur et la saveur trop sucrée de certaines scènes est plutôt écœurante pour un public qui ne s’identifie pas à ces personnages. C’est un film à conseiller aux moins de 18 ans et qui reste difficilement accessible aux adultes.

Bruno Pons
A propos Bruno Pons 35 Articles
Journaliste du Suricate Magazine