« Dream Box », voyage entre illusion et réalité au MIMA

Expo Dream Box au MIMA à Bruxelles, 2019
Elzo Durt

Affice de l'Expo Dream Box au MIMA à Bruxelles, 2019

Dream Box, la nouvelle exposition du Millenium Iconoclast Museum of Art (MIMA) de Bruxelles, fait entrer les visiteurs dans un univers magique et ludique : une véritable « boîte à rêves ».

Depuis avril 2016, le MIMA explore de nouveaux moyens d’expression jusque-là peu présents dans les musées : la « culture 2.0 ». Sur trois étages et comportant deux terrasses, le musée prend place dans les anciennes brasseries Belle-Vue, au bord du canal de Bruxelles.

Les expositions du MIMA fonctionnent par chapitre, comme un roman centré sur l’art actuel et les cultures alternatives. Avec la Dream Box, pensée par les curateurs Alice van den Abeele et Raphaël Cruyt, le MIMA écrit son sixième chapitre. Précédemment ont été évoqués les thèmes du street art et des fresques murales avec l’exposition City lights, des comics dans Art is comic, de la désobéissance civile avec les installations de Akay et Olabo pour Wonderland, et des affiches politiques avec Get up, Stand up!. Les expositions ont comme point commun de jouer sur un langage accessible et direct.

Pour Dream Box, le musée à choisit d’exposer 5 artistes ou collectifs d’artistes. Chacun amène son univers graphique personnel, proche du rêve fantasmagorique comme Hell’O, jouant sur les effets d’optiques comme Elzo Durt et Felipe Pantone, ou apportant un regard critique sur la société actuelle comme Escif et Gogolplex. Le tout forme une exposition complète, originale et visuellement très belle.

Quelques œuvres en détail

Mêlant un esthétisme psychédélique, punk et coloré, l’univers graphique d’Elzo Durt (Bruxelles) s’exprime sous formes d’affiches (voir l’image en tête d’article). Ici l’installation présentée est la première œuvre de l’exposition. On entre directement dans le vif du sujet en pénétrant dans un petit labyrinthe d’effets d’optiques crée par des assemblages de formes colorées. L’œil réagit à ces formes et il en ressort un effet de mouvement déstabilisant. Une seconde pièce est composée d’un palais des glaces, le sol est peint en noir et blanc tandis que des néons clignotent à différentes fréquences. L’œuvre est ludique, on pense directement à la magie, à la fête foraine. Avec cette œuvre, le ton de l’exposition est donné.

Hell’O
Hell’O

Hell’O (Bruxelles) est un collectif de deux artistes belges. Leurs pratiques respectives se mêlent afin de générer un ensemble homogène, coloré et joyeux. Ils puissent l’inspiration dans de nombreuses influences : le folklore médiéval, l’ésotérisme, le surréalisme, la mythologie antique ou encore la musique techno. Ils parviennent ainsi à créer un univers graphique aux allures de rêve. Des aplats de couleurs, des projections de peinture, des dégradés au pinceau, autant de techniques qu’utilisent les deux artistes afin de générer un monde d’abstraction narrative. L’effet est immédiat dès que l’on rentre dans leur pièce, ou la totalité des murs et du sol sont recouverts de peinture à l’allure fantasmagorique, peuplée de petites créatures. L’effet de trompe l’œil est accentué grâce à certaines boites ressortant du mur à différentes épaisseurs.

Au deuxième étage du musée, Gogolplex (France), un collectif de trois artistes anonymes, propose une pastiche de la société sous forme de labyrinthe bureaucratique absurde et drôle. Le spectateur est invité à prendre un numéro, à remplir un formulaire d’informations personnelles ou le statut de freelance est associé à celui de chômeur et celui d’artiste à barman. S’ensuit un parcours du combattant que l’on a tous déjà vécu, se concluant par la visualisation de sa propre œuvre d’art grâce au numéro donné à l’entrée et a une tablette utilisant la technologie de la réalité augmentée.

La scénographie est parfaite, elle reproduit tous éléments de ce genre d’infrastructure jusqu’au plus petit détail d’une fausse plante, d’une fontaine à eau potable ou des petites annonces et de l’horoscope du jour affichés sur le panneau de la salle d’attente. Cette œuvre est le coup de cœur de l’exposition, grâce à son côté ludique, participatif et bien travaillé.

En conclusion, on peut dire qu’une fois de plus l’exposition du MIMA est visuellement très efficace, et regroupe des artistes de qualité. On vient avec une idée de la Dream box et l’exposition arrive à dépasser nos attentes. C’est un lieu qui gagne définitivement à se faire connaitre par toute personne désireuse de visiter un musée qui ose représenter des moyens d’expression plus modernes et alternatifs.

Infos pratiques

  • Ou ? MIMA, 39-41 Quai du Hainaut, 1080 Bruxelles.
  • Quand ? Du 1er février au 1er septembre 2019, du mercredi au vendredi de 10h à 18h, et le weekend de 11h à 19h.
  • Combien ? 9,5 EUR au prix plein. Plusieurs tarifs déduits disponibles.
Anaïs Staelens
A propos Anaïs Staelens 7 Articles
Journaliste du Suricate Magazine