Dire Combray aux Martyrs : Seul face à Proust

Inspiré de : Marcel Proust, de et avec Michel Voïta, crédit photo Jérémie Voïta

Jusqu’au 29 octobre 2016 au Théâtre des Martyrs

Dans la lignée des spectacles à texte du théâtre des martyrs se joue Dire Combray, une prestation d’une durée d’une heure et 5 minutes. Une précision d’horloger qui colle au sujet traité : un texte de Marcel Proust. Si le célèbre auteur est connu pour choisir chacun de ses mots avec soin, son interprète temporaire Michel Voïta, définit par lui-même comme un passeur de textes, agit en bon élève en nous présentant trois extraits minutieusement sélectionnés et relatant les souvenirs d’enfance de Proust à Combray. Il en ressort un premier extrait représentatif de l’univers de Proust, de ses phrases à rallonge et des ses descriptions qui n’en finissent pas de définir l’indéfinissable. Un second extrait, teinté d’humour, veille à démontrer que Proust n’est pas la panacée des intellectuels. Le dernier extrait illustre l’histoire de la fameuse madeleine afin que le spectateur puisse se targuer de connaitre la madeleine de Proust plus intimement, au-delà du phénomène de réminiscence.

Il est fort à parier que la tête de Michel Voïta « vous disent quelque chose » sans pour autant se rappeler « où l’avoir déjà vu ». Il a en effet cumulé de nombreux rôles secondaires dans des séries policières ou des films français.

La prestation dispensée par l’acteur Michel Voïta dans la petite salle intimiste du théâtre des martyrs n’est pas vraiment un spectacle, mais pas tout à fait une lecture non plus. D’ailleurs l’acteur ne lit pas. Même s’il se lance dans le récit livre en main, il s’en détache rapidement. Non pas qu’il improvise ou se détache du texte originel ; il donne corps et vie au récit en le déclamant à voie haute sur un rythme soutenu, assis et seul sur scène, comme s’il eut s’agit de son histoire personnelle.

Le spectacle est à la croisée des chemins entre une oeuvre et une performance. L’oeuvre d’un génie, incisif dans le maniement de la langue française et dont l’écriture se lit à plusieurs niveaux, et la performance d’un acteur, armé de son ouvrage qu’il ne lit pas et qui parvient à faire revivre les mots avec une vive intensité.

Ambitieux de satisfaire les proustiens et les autres, le spectacle se veut accessible à tout ceux qui ne connaissent Proust que de réputation ou encore à ceux dont les ouvrages de Proust leur glissent inexorablement des mains. Dès lors que Proust peut s’avérer difficile d’accès, le spectacle constitue une alternative séduisante afin de le découvrir.

Katelyne Marion
A propos Katelyne Marion 23 Articles
Journaliste au Suricate Magazine

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