Dernier train pour Busan, zombies à bord

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Dernier train pour Busan

de Yeon Sang-ho

Horreur, Action

Avec Gong Yoo, Kim Soo-ahn, Ma Dong-seok, Choi Woo-shik, Ahn Soo-hee

Sorti le 2 novembre 2016

Quand Seok-wu embarque avec sa fille Su-an dans un train à destination de Busan, où celle-ci doit retrouver sa mère, il ne se doute pas qu’un virus inconnu est en train de contaminer toute la population coréenne et que les gens se transforment peu à peu en zombies assoiffés de sang et particulièrement rapides. Lorsque les zombies entrent dans le train, les passagers commencent à se livrer une lutte fratricide pour atteindre leur lieu de destination sans se faire contaminer.

Après trois longs métrages d’animation très noirs et à l’ancrage social – voire politique – assez fort, le Coréen Yeon Sang-ho s’attaque à la fiction « live » en adaptant quelque peu le thème et le propos de son troisième film d’animation (Seoul Station) à un carcan plus grand public, dans le registre du cinéma d’action à grand spectacle. Mais Dernier train pour Busan garde un esprit de série B dans sa liberté de ton, sa folie jouissive et sa dimension de critique politique.

Le cinéaste conserve une grande influence du cinéma d’animation, notamment par son traitement visuel, presque « cartoonesque », des zombies, figurés comme une masse grouillante et bondissante, dont la rapidité irréelle fait prendre des formes inattendues, rendues par des effets spéciaux tout aussi « irréels ». Lorsque les zombies se dirigent vers leurs proies, ils se grimpent les uns sur les autres, formant des sortes de vagues humaines insensées, visions à la fois terrifiantes et presque drôles. La dimension burlesque des zombies n’est pas à négliger, et Yeon Sang-ho l’a bien compris.

Mais au-delà de cet aspect visuel et de cette fluidité du mouvement qui va chercher ses influences dans le dessin animé, Dernier train pour Busan parvient également à instiller dans ce « survival » à base de zombies une dimension critique sur la lutte des classes et une satire politique sur la crise et la finance qui s’intègrent parfaitement à la dynamique du genre horrifique – là où la tentative était beaucoup plus appuyée, plus radicale mais moins subtile, dans Seoul Station. Le passage d’un wagon à l’autre, histoire de survie, devient assez vite un passage de frontière presque infranchissable, dès lors qu’une partie des passagers commence à avoir peur de l’autre. L’allégorie est simple, pas plus fouillée que ça, mais elle est aussi limpide que saisissante, dans un film qui trouve des compromis parfaits entre série B et blockbuster, entre genre et satire sociale.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine

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