Deadpool 2, le même… en mieux !

Deadpool 2

de David Leitch

Action, Comédie, Aventure

Avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin

Sorti le 16 mai 2018

Si, en 2009, on avait dit à Ryan Reynolds qu’il parviendrait à sauver le personnage de Wade Wilson de la ruine dans laquelle l’avait plongé X-Men Origins : Wolverine, il ne l’aurait pas cru. Deadpool (2016) fut en effet une surprise qui parvint à engranger 783 millions de dollars pour un budget dérisoire de 58 millions. Si en plus on lui avait dit que ce premier épisode se verrait gratifié d’une suite de plus grande ampleur, il en aurait perdu son collant !

Et pourtant, voilà que sort aujourd’hui la suite tant attendue des aventures du Merc with a Mouth. Appuyée par une stratégie marketing d’une intelligence remarquable allant de la réinterprétation d’une scène phare de Flashdance à un trailer façon Bob Ross, en passant par l’engagement de Céline Dion pour interpréter la chanson titre et un partenariat avec Walmart consistant à reproduire les pochettes dvd de certains classiques du cinéma à la sauce Deadpool, cette suite sera parvenue à surprendre avant même sa sortie. Deux ans après le premier épisode, Deadpool nous revient donc dans de nouvelles aventures tout aussi remplies de références culturelles, d’action, et d’humour grotesque, réalisées par « un des types qui a tué le chien de John Wick » !

En repartant des bases posées dans le premier film, Deadpool 2 établit sa dynamique de façon solide et surprenante ! En effet, la communication autour du film aura eu le bon goût de ne pas trop en dévoiler, créant de nombreuses surprises, tant au niveau des ressorts comiques qu’en ce qui concerne le déroulement de l’histoire. En résulte un récit surprenant et peu prévisible qui saura aussi bien allier humour que scènes dramatiques. David Leitch parvient en effet à créer un film qui, sous des aspects burlesques, renferme un subtil dosage entre humour et émotions.

Ici encore, les références culturelles affluent : aux références attendues à Hugh Jackman ou Green Lantern viennent s’ajouter quelques clins d’œil aux Goonies (inévitable avec Josh Brolin au casting !), à Basic Instinct, au désormais célèbre « Martha » de Batman v Superman, à James Bond ou encore au film Yentl (1983) de Barbra Streisand. Deadpool 2 se paiera également au passage la tête de Justin Trudeau, Premier ministre du Canada, qui en février 2018 reprenait une étudiante sur le terme « Mankind » qu’il corrigeait en « Peoplekind », plus gender-neutral. La X-Force deviendra ainsi la X-People

Passage obligé, on trouvera également quelques caméos tout à fait surprenants et amenés avec subtilité, notamment un plan englobant une dizaine de personnes. Inutile d’en dire davantage… Stan Lee sera lui aussi d’une certaine manière également de la partie, apparaissant sur une fresque murale. Mais le plus surprenant est encore une très brève apparition de… Brad Pitt. Ne clignez pas des yeux, c’est très rapide !

Deadpool 2 comporte bien entendu quelques plaisanteries qui tombent à plat et quelques incohérences. Question casting, Domino (Zazie Beetz) est tout à fait surprenante, de même que Cable (Josh Brolin). On appréciera, en ce qui les concerne, un excellent développement des personnages. Russell (Julian Dennisson) par contre, l’un des protagonistes clefs de l’intrigue est incarné par un jeune acteur très peu charismatique et ses apparitions à l’écran deviendront rapidement lassantes. Sans parler de T.J. Miller et de ses éternelles plaisanteries scabreuses et bas de plafond.

Mais, à y regarder de plus près, la saga Deadpool crée un univers tellement surréaliste et particulier que bon nombre d’incohérences seront pardonnées. Le film crée au fond sa propre cohérence et encourage ainsi le spectateur à faire l’impasse sur les quelques faiblesses du récit. En résulte un long-métrage qui parvient à se doter d’une forme de crédibilité malgré des situations abracadabrantes, et à s’émanciper du premier film même quand il emploie des ficelles narratives ou humoristiques similaires.

Deadpool 2 est donc une excellente suite qui parvient à capitaliser sur le succès du premier épisode sans pour autant tomber dans la répétition. Très intelligemment dosé et relativement surprenant, il constitue un nouveau jalon qui, s’il ne bénéficie pas de l’effet de surprise de son prédécesseur, rivalise largement avec ce dernier, allant parfois jusqu’à le surpasser !

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 103 Articles
Journaliste du Suricate Magazine