Le Côté sombre de la loge d’Henri Weigel

Auteur : Henri Weigel
Editions : Les éditions du Net
Sortie : fin 2013
Genre : Thriller

Que feriez-vous si un beau petit pactole vous tendait les bras ? Dans le genre de pactole qui vous mette à l’abri du besoin pour longtemps et rende votre vie relativement plus confortable. Beaucoup se laisseraient tenter…. juste un tout petit mensonge. Sauf que derrière ce premier mensonge s’en cache un autre et la barrière de l’avidité est très vite franchie.

Rien de prédestinait Juliette et Pierre Berger à devenir roturiers et propriétaires d’une bonne moitié des appartements d’un immeuble de luxe du 16e arrondissement à Paris. Fraichement débarqués de la ferme qu’ils quittent pour trouver du travail dans la capitale, les époux commencent leur ascension sociale au rang de concierge. Juliette, de par sa gentillesse et son dévouement, devient rapidement la secrétaire personnelle d’une vieille dame, propriétaire majoritaire de l’immeuble, qui se déplace avec peine et n’a plus le courage de gérer ses affaires.

L’histoire, a priori classique et prévisible, l’est effectivement pendant une bonne partie du livre. Les actions des époux sont « préméditées » et vues avant d’être lues. À la moitié du récit, l’histoire devient plus croustillante et Juliette fait preuve d’une intelligence remarquable pour profiter de chaque situation et enrichir leurs intérêts personnels. Ce qui n’était que « profiter de la situation », c’est transformé en « actes meurtriers pour protéger leur nouvelle condition ». Dommage que le récit piétine avant de connaitre ces petits rebondissements et que le lecteur doive attendre d’avancer si loin dans l’histoire.

Le passé d’ancien chef d’entreprise de l’auteur, Henri Weigel, transparait dans la logique de son personnage, Juliette, pour mettre en place des stratagèmes et développer des ruses afin d’atteindre ses objectifs. En vrai PDG, Juliette va gérer « leurs petites affaires » au mieux, se contentant de maintenir le statu quo au début, pour finalement grossir considérablement leur capital. Le style d’Henri Weigel est plutôt lourd dans la majorité des parties de l’histoire, les répétitions et redites sur de longs paragraphes ralentissant la lecture. Certains passages descriptifs sont également trop longs et uniquement descriptif jusque dans les moindres détails, au point d’en arriver à ne plus rien apporter au récit. L’auteur aurait dû se détacher de sa source, qu’il mentionne et retravailler ces passages pour les alléger et les intégrer au récit. Les scènes d’amour permettent d’appréhender la personnalité de Juliette et de mieux en saisir le caractère. Toutefois, ces dernières sont un peu trop fréquentes et descriptives, sans non plus ajouter de plus-value à l’histoire. Quelques déceptions qui ne doivent pas apeurer le lecteur tenace qui souhaite connaitre l’apothéose de cette machination.

Déborah Lo Mauro
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