Coco, la Divine Comédie (musicale)

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Coco

de Lee Unkrich et Adrian Molina

Aventure, Animation

Sorti le 29 novembre 2017

Tandis qu’internet s’affole suite à la mise en ligne de la bande annonce des Indestructibles 2, Pixar sort aujourd’hui Coco, sa nouvelle production. Si Le Monde de Dory et Cars 3 vous avaient déçus, soyez rassurés, ce nouvel épisode de la licence est là pour changer la donne !

Dans la famille de Miguel, la musique est proscrite depuis trois générations. L’arrière grand-mère de Miguel était autrefois mariée à un guitariste parti chercher la gloire et jamais revenu. Dès ce moment, plus aucune note de musique ne franchit le seuil de la demeure familiale, et la fabrication de chaussures devint l’activité principale de la parenté. Mais Miguel refusera de suivre ce chemin tout tracé, désireux de suivre sa propre voie en apprenant la musique comme son idole Ernesto de la Cruz. C’est ainsi qu’il cherchera à participer à un concours musical organisé le jour du Día de los Muertos et se retrouvera mystérieusement plongé dans le pays des Morts, auprès de ses ancêtres. Accompagné d’Hector, un vagabond prétendant pouvoir l’aider à rencontrer son idole, de la Cruz, il cherchera alors à regagner son monde.

Coco est un film dans la plus pure lignée des films Pixar. On y retrouve des personnages riches, intelligemment construits, des thématiques humaines, des retournements inattendus et une histoire pleine de rebondissements. Miguel va ainsi traverser l’Au-Delà accompagné de son chien, Dante (traverser les Enfers avec Dante, quel luxe !), et y rencontrer toutes sortes de personnages hauts en couleur. Par là même, il découvrira l’importance de la famille, des amis, mais également que nos héros ne sont pas toujours ce qu’ils semblent être. Dans cette dynamique, Miguel rencontrera son idole Ernesto, à qui la célébrité aura fait oublier les grandes valeurs de l’existence.

Ce nouveau Pixar offre également une très belle réflexion sur la mémoire, les morts ne pouvant pas franchir la passerelle vers le monde des vivants si leur souvenir n’est pas honoré par ces derniers. Plus encore, si ce processus devait se perpétuer jusqu’à leur oubli sur terre, ils s’évanouiraient dans un abîme. Si cette thématique était déjà relativement abordée en 2015 dans Vice-Versa à travers le personnage de Bing Bong, elle sera ici poussée plus en avant et doublée d’une réflexion sur l’importance d’honorer ses morts. De façon très intéressante, tout cet axe du récit semble directement inspiré de la Divine Comédie de Dante Alighieri qui, dans le Sixième Chant de L’Enfer, faisait dire au gourmand Ciacco : « Mais quand tu seras sur la douce terre, rappelle-moi, je te prie, à la mémoire des hommes ».

Coco se rapproche encore de Vice-Versa dans la mesure où le film comporte une tendance à la dédramatisation de certains pans de l’existence. Vice-Versa avait, à sa sortie, été salué par de nombreux parents d’enfants atteints d’autisme, car il permettait à ceux-ci de comprendre leurs émotions et d’en parler. Soudainement ces enfants parvenaient à coller une étiquette sur leurs sentiments et à ainsi s’ouvrir au monde. Coco établit une logique similaire en dédramatisant la mort et en présentant l’Au-Delà comme un immense pays coloré dans lequel une nouvelle vie a pris place. À cela, le film ajoute l’importance d’honorer ses ancêtres et de savoir se choisir de bons amis.

Du point de vue de la mise en scène maintenant, Coco jouit d’une superbe esthétique très colorée et d’un monde superbement imaginé. Le film présente également un pan culturel assez peu connu du grand public, en prenant pour personnage principal un enfant mexicain le jour de la Fête des Morts – l’un des grands tours de force de Pixar est d’avoir réussi à reproduire la gestuelle d’une grand-mère hispanique qui s’apprête à donner un coup de savate…

Mais dans cette dynamique, l’une des très grandes qualités de Coco est de donner une place importante à la musique, présentée comme vitale pour notre héros. « Ne sous estimez jamais le pouvoir de la musique » nous dira un personnage. Sage conseil !

Coco est ainsi un excellent Pixar qui se hissera probablement aux côtés des grands noms du studio d’animation. Divertissant, intelligemment construit, peu prévisible et rempli de thématiques humaines. Rien à faire, le monde est bien plus beau avec Pixar dedans !

Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 99 Articles
Journaliste du Suricate Magazine