[BIFFF 2018 : Jour 7] Voir un premier film génial et subir sa mère tout le reste de la soirée, épisode 1

RV : Resurrected Victims

Seo a vu sa mère assassinée en pleine rue suite à un vol de sac et dans le malheur il est devenu un des procureurs les plus sévères de Corée. Un jour sa mère revient et elle tente de le poignarder. A peine revenu de ses émotions, il est confronté à l’Intelligence Service local qui fait état de plusieurs victimes de meurtres qui reviennent à la vie pour se venger avant d’à nouveau disparaître. Pourtant, il n’a pas tué sa maman, alors pourquoi est-il la cible de cette morte-vivante ? On attendait pas grand chose de ce film coréen (étonnamment que d’1h30) sur les morts qui reviennent à la vie. Pourtant, malgré qu’on ait traîné la patte, tenté d’arriver en retard ou essayé de dormir dans un coin pour certains, la bonne surprise était au rendez-vous. Le concept de RV : Resurrected Victims est clairement bien exploité, les acteurs sont bons et malgré une histoire de fin un peu téléphonée, le traitement n’en est pas moins réussi. Encore une bonne surprise des Coréens qui décidément, arrive à convaincre malgré notre difficulté à apprécier les films asiatiques. L.S.

Veronica, voyage au bout de l’ennui

Une histoire « basée sur des faits réels » (la bonne affaire), une bande d’adolescentes qui jouent au Ouija, un démon qui vient foutre le dawa dans la maison. Vous l’avez compris, ce Veronica est aussi original qu’une chanson de Puggy. Et pourtant, c’est à Paco Plaza (Rec) que l’on doit cette production espagnole. Alors soit le mec ne s’est vraiment pas foulé pour faire son film, soit il a été enlevé par des aliens qui l’ont lobotomisé avant de l’obliger à réaliser un film tellement nul qu’il piégerait tous ceux qui le regardent dans une nouvelle dimension : la dimension Michel Drucker. Parce que oui, toi qui lis cette chronique, s’il t’arrive de regarder Vivement Dimanche plus de 15 minutes, c’est que ta vie est aussi chiante qu’un plat vegan. Bref, la petite Veronica se retrouve possédée par un démon qui menace ses frères et sœurs, fait des grosses traces sur le lit et lui fait voir son père tout nu. Vis ma vie de fille de Woody Allen quoi. On espérait que ce Veronica allait partir à un moment et nous faire frissonner ou sursauter, on repassera. C’est lent, c’est prévisible et finalement pas très intéressant.

Ps : Pour toute personne choquée ou concernée par les propos insultants contenus dans cette chronique, veuillez contacter le 0494/690942 pour vos menaces de procès et/ou récriminations. O.E.

Hunting Emma, la revanche d’une blonde

Imaginez une jolie blonde. Imaginez maintenant deux péquenauds qui croisent son chemin. Imaginez maintenant que cette blonde ne soit autre que Reese Witherspoon. D’après Deon Meyer, le scénariste d’Hunting Emma, c’est devant une telle scène qu’il a eu l’idée de son script, en se demandant ce qu’il adviendrait si l’actrice américaine se mettait à dégommer les deux types. Nous devons maintenant marquer une pause. Un film avec une blonde qui va se débarrasser des dealers lancés à sa poursuite, qui tire ses sources dans un long-métrage avec l’interprète principale de La Revanche d’une blonde ! Tout se recoupe ! La pyramide ! Les reptiliens ! Trump !

Si toutes les planètes semblent s’aligner quant à l’origine d’Hunting Emma, c’est peut-être là que réside sa seule vraie originalité. Réalisé de manière pas franchement déshonorante mais pas très inspirée non plus par Byron Davis, le film aligne en effet les clichés, jusque dans ses dialogues, qu’on dirait tout droit sortis d’une critique d’un film du BIFFF par l’équipe du Suricate. Et pas l’équipe pimpante des premiers jours, non, celle lessivée de deuxième semaine qui pourrait faire de la figuration pour Walking dead sans passer par la case maquillage. Exemple : « Je vais te montrer ce qu’une femme doit vraiment faire dans cette pièce » lance l’un des méchants interchangeables du film à l’actrice principale, juste avant de l’attaquer. Jusque là rien d’anormal, sauf que la pièce en question n’est autre… qu’une cuisine. Ahaha ! Quelle rigolade ! Si ça ce n’est pas de la belle flunchline (copyright Escobar Macson), je ne m’y connais pas. Ajoutons à cela un rythme fluctuant, un manque flagrant de tension, des occasions de mettre fin à tout ça en moins de dix minutes qui sont laissées de côté parce qu’on n’a pas encore atteint la durée minimum, et l’on obtient un long-métrage quand même légèrement divertissant, mais qu’on a l’impression d’avoir déjà vu ailleurs en mieux. Que les spectateurs qui ont offert au film une salve d’applaudissement (et qui donc désapprouvent le chef d’œuvre d’objectivité que vous lisez en ce moment même) se rassurent, un remake américain serait d’ores et déjà en cours de production. Joie et bonheur intense ! G.L.

The Scythian, montagnes russes

Russie, 11e siècle, Vladimir Poutine n’en est qu’à son troisième mandat mais du côté des Scythes, c’est pas la joie. Et pour cause, les pauvres se font aussi rares que les cheveux sur le crâne de mon voisin Norbert. Et pourtant, Norbert continue à plaire aux femmes. En témoignent les cris entendus la nuit dernière dans ma cage d’escalier. Alors soit Norbert a regardé Youporn un peu trop fort dans mon hall d’entrée, soit il y a des choses pas très catholiques qui s’y sont passées.

On avait cette fausse image des Russes qui boivent de la vodka sans arrêt, se battent continuellement et trahissent à tour de bras. Finalement, dans The Scythian, ils ne font que se battre sans arrêt et trahir tout le monde. À mi-chemin entre Game of Thrones (ma main à couper que c’est encore Littlefinger qui est derrière tout ce bordel) et Gladiator (pour le côté « revenge movie »), ce film réalisé par Rustam Mosafir (le fameux) accumule à peu près tous les clichés du genre. Un guerrier bourrin qui veut se venger, un assassin badass et mystérieux qui va l’aider, un roi qui trahit tout le monde, la révélation d’un don extraordinaire chez le personnage principal, … Malgré ça, le film se laisse voir et est même plutôt divertissant.

Vivement le 2 pour pouvoir assister à La Revanche des Scythes (Copyright L.S.) ! O.E.

Legend of the Naga Pearls,

Ca se voyait comme le nez au milieu de la figure que ça allait être nul, une grosse production chinoise avec une histoire culturellement éloignée de la nôtre, des acteurs en surjeu, des combats où les gens volent dans tous les sens, etc. Ce n’était déjà pas glorieux, mais le pire est à venir ! Pour être sûr que l’humour soit bon, que l’aventure soit réellement épique, ils ont eu une idée d’enfer dans Legend of the Naga Pearls : copiez tous les gros hits du genre ! On retrouvera donc pêle-mêle les influences de : Game Of Thrones (les différentes tribus qui s’affrontent, s’allient, etc.), Indiana Jones (la recherche des objets et les pièges les protégeant), Pirate des Caraïbes (le héros se nomme « Patron des voleurs » et s’étonne qu’on ait jamais entendu parler de lui), Aliens (des animaux méchants qui rentrent et sortent du corps des gens), Star Wars (le frère au service du mal tel un Darth Vador), Avatar (si on volait sur des animaux ailés au milieu des montagnes), Le Seigneur des Anneaux (Cet objet nul qui est une arme terrible à détruire), La Planète des singes (L’oncle de l’héroïne est un singe ?) ou encore Les Gardiens de la Galaxie (le héros est le seul à pouvoir toucher un artefact puissant). Même si on peut comprendre qu’il y ait un public pour ce genre de kitscherie, mais on ne comprend pas pour autant le manque d’originalité, qu’on a pourtant (malheureusement ?) déjà vu dans d’autres productions similaires. L.S.

Taste of Life, porno allemande version Arte

Pourquoi ce film ? Quelle drogue les réalisateurs ont-ils pris durant le tournage ? Qu’a-t-on fait aux Allemands pour mériter ça ? Autant de questions que l’on se pose après avoir vu Taste of Life. Trêve de suspense, voilà ce que j’ai retenu et compris du film :

  1. On est toujours plus heureux dans la vie avec le pénis d’un inconnu dans la bouche.
  2. Il ne faut jamais prendre un paraplégique en stop, laissez-le sur le bord de la route.
  3. Au fur et à mesure de votre existence, une femme ailée avec une flûte pourrait venir interpréter des chansons bizarres en allemand.
  4. Jésus aime se promener à poil avec une guirlande sur la tête.
  5. S’envoyer en l’air avec la femme de son meilleur ami est recommandé.
  6. Buvez du jus d’ananas.

Et sinon ? Eh bien sinon à part se prendre pour un mix entre Terrence Malick et Jacquie et Michel, ce Taste of Life a surtout un bon goût de film indépendant pseudo-philosophique entre dénonciation d’une société machiste et condamnation de la pression des religions sur notre échelle de morale. Aussi novateur qu’un épisode d’Esprit Criminel, aussi bandant que la sextape de Marine Le Pen et aussi accessible qu’un reportage de 3h du matin sur Arte. Même si votre pote Victor, celui qui porte des lunettes rondes, se prétend fan de Goethe et se prend pour un philosophe parce qu’il a lu deux bouquins de Nietzsche, vous assurera qu’il a « adoré les métaphores existentielles sur le côté normatif de notre société et la dénonciation des tabous intégrés dans l’inconscient collectif ». Un petit voyage pour sa tête dans la cuvette des toilettes devrait lui rafraichir les idées. O.E.

Olivier Eggermont
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Journaliste du Suricate Magazine