[BIFFF 2018 : Jour 11] Courage, c’est bientôt fini !

Journal d’une Geisha tueuse

Il y a des crossover plus ambitieux que d’autres. Quand certains décident de marier l’humour et le film de zombies, d’autres préfèrent mélanger un thriller avec Mémoires d’une Geisha. Et pourquoi pas ? Mais pour que ça donne quelque chose, il faut bien entendu que l’intrigue aille plus rapidement qu’une saison de Plus Belle la Vie. Et là, ce Yurigokoro pêche clairement dans ses nombreuses longueurs inutiles et son rythme parfois inexistant. Alors non, le film de Naoto Kumazawa n’est pas mauvais. Oui, l’histoire tient la route et les personnages se développent au fur et à mesure. Non, le Real Madrid ne méritait clairement pas de se qualifier face à la Juventus en Ligue des Champions. Mais au final, cette réalisation en lice pour le 7e parallèle (de cheval) ne démarre jamais vraiment. Aussi prévisible que l’échec d’un album de Nolwenn Leroy, il tire parfois tellement en longueur qu’on a l’impression de voir la carrière de Paul McCartney.

Les fans de films qui tirent en longueur adoreront, les autres beaucoup moins. O.E.

Bon, c’est la fin ou c’est pas la fin ?

Claudio est un connard. Claudio travaille dans la finance. Et c’est en essayant d’arriver à l’heure à un rendez-vous important, qu’il reste bloqué dans un ascenseur. Mais coup de bol, c’est justement le moment où les gens deviennent fous et s’amusent à se bouffer entre eux. Et même si les portes sont entrouvertes, il n’arrive pas à sortir. Et si il n’arrive pas à sortir, les vilains, eux, ne peuvent pas entrer ! CQFD ! En utilisant le huis-clos pour pallier l’absence de moyens est une bonne idée. En fait, un film chouette à regarder était une bien meilleure idée ! The End ? dure finalement une heure quarante contrairement aux deux heures quarante annoncées dans le programme. Malgré tout, le film souffre de quelques longueurs inutiles et aurait mérité de voir ses différentes intrigues resserrées. L.S.

People mountain, people of silence

En 2011, People Mountain People Sea de Cai Shangjun s’intéressait à un homme agressif et peu bavard, lancé dans un périple violent qui tournera notamment autour des mines de charbon, suite à une sombre histoire autour du meurtre de son frère. Pourquoi est-ce que je vous parle de ce film ? Aucune idée, tant celui qui nous intéresse diffère complètement. En effet, Wrath of Silence s’attarde sur un homme agressif et muet, lancé dans un périple violent qui tournera notamment autour des mines de charbon, suite à une sombre histoire autour de la disparition de son fils. Bon, pour être honnête, hormis certaines thématiques, les différences s’arrêtent là, tant l’approche de Yukun Xin, réalisateur du film qui nous intéresse, finit par différer de celle choisie par son confrère six ans plus tôt. Si les deux longs-métrages ont en commun un certain réalisme dans leur description de la vie dans certaines parties montagneuses chinoises et des drames qui s’y produisent, Wrath of Silence se fait tout de même moins opaque que son prédécesseur, et donc bien plus accessible. S’il prend son temps pour exposer ses personnages puis pour les développer, ce n’est que pour mieux nous entrainer dans une histoire qui va crescendo et qui ne cesse de gagner en puissance et en pertinence dans sa critique sociale (et sa dénonciation de la corruption) de minute en minute. Ponctué d’éclats de violence aussi efficaces que parfaitement exécutés (avec une mise en scène et un montage au diapason), le long-métrage mise sur une émotion brute qui explose dans un final aussi fort et sobre que bouleversant. Il n’en faut pas plus pour en faire une belle claque, de celle que l’on oubliera pas de sitôt. Un peu comme celle que m’a mise mon rédacteur en chef quand je lui ai dit que j’avais adoré Before We Vanish, mais je m’égare. G.L.

I am a legend of the Avatar’s Shape of Water

Comment ça Cold Skin s’est inspiré de plusieurs films récents pour construire sa storyline ? Si c’est le cas, ça ne se voit clairement pas ! Adapté du livre d’Albert Sanchez Pinol (le Pagnol ibérique ?), ce Cold Skin va très clairement lorgner du côté de I am a Legend, Avatar ou encore le plus récent Shape of Water. Il faut dire que Del Toro n’aurait certainement pas renié le film de Xavier Gens (Frontière(s), The Divide,…) puisque celui-ci rentre à merveille dans le type d’univers que le Mexicain adore.

Jugez plutôt : Friend, météorologiste avant Tatiana Silva, débarque sur une île a priori tranquille pour pouvoir profiter du calme et de la beauté du lieu. Sauf que son poto Gruner, le Robinson Crusoé local, voit tout en noir comme Gilbert Montagné. Et pour cause, chaque nuit, ils se font attaquer par des bestioles qui aimeraient taper un pique-nique dans leur intestin grêle. Et grâce à une des bestioles que Gruner a domptées (et avec qui il fait des choses aussi catholiques qu’un blue waffle), notre Luc Trullemans de l’Antarctique va en apprendre plus sur ces créatures.

Des monstres inhumains qui se révèlent à un moment plus humain que les hommes eux-mêmes, préparez directement l’Oscar !

Au final, malgré quelques passages un peu poussifs, ce Cold Skin se laisse bien voir mais ne révolutionnera certainement pas le genre. On attend le procès que James Cameron va leur intenter maintenant. O.E.

Ohé ohé, le village abandonné ! 

Cinq jeunes décident de retourner dans le village de leur pote qui, à l’époque, a été englouti. En prime, ils prennent la caméra et ambitionnent de faire un documentaire qui pourrait leur ouvrir la porte des festivals de cinéma. Sur la route, les pisseuses demandent un arrêt dans cette pompe à essence un peu glauque et tout le groupe rencontre les charmants propriétaires. Ces sales jeunes ne respectent plus rien et se foutent de leurs gueules en s’enfuyant à toute vitesse. Pas de chance, leur deuxième métier, c’est torturer les gens qui viennent visiter les ruines du village. Une jambe par ci, un bras par là, un viol dans le coin, etc. Oui, les images sont bien cruelles, mais le film est d’une nullité qui frôle avec le ridicule. Seuls les plans sur cette ville anciennement engloutie sous l’eau méritent le déplacement. L.S.

Le meilleur film du monde partie 2

Déjà sorti en salles (bien que de manière par trop confidentielle), Baahubali 2 : The Conclusion méritait on ne peut plus sa séance au BIFFF. En effet, quel meilleur endroit pour pleinement apprécier le film à sa juste (dé)mesure ?

Le long-métrage est construit en deux temps. Il commence par un long flash-back sur la vie de l’ancêtre du personnage principal, avant de reprendre là où le premier volet s’était arrêté, lui offrant l’une des meilleures conclusions possibles. S’affranchissant très vite des lois de la physique et de toute envie de vraisemblance, le film opte, comme le premier opus, pour une approche qui vise le divertissement le plus total, de manière fortement ludique. On s’y bat de façon on ne peut plus inventive et badass, on y flirte en tuant des sangliers ou des centaines d’ennemis, on y meurt dans la souffrance et les larmes. Baahubali 2 accumule ainsi les moments de bravoure les plus improbables avec une énergie des plus communicatives. Elle se retrouve également dans la mise en scène survitaminée d’S.S. Rajamouli. Celui à qui l’on devait déjà l’excellent Eega puise dans tout un tas de références (on passe de Gladiator au Seigneur des anneaux, et de 300 aux pubs L’Oréal) pour enchainer les idées les plus folles à un rythme d’enfer, que ce soit dans la première partie, plus légère, ou dans celles d’après, qui font basculer le film dans la tragédie et s’avèrent donc quelque peu plus sèches et violentes. Entre un bateau-cygne qui se transforme en montgolfière pour voguer au milieu de nuages en forme de chevaux au galop, et des soldats qui se muent en boulets de canon pour attaquer l’ennemi de l’intérieur (soit deux exemples parmi tant d’autres), au final, la seule chose plus épique qu’une scène de Baahubali n’est autre que celle qui la suivra. Et rien de tel qu’une projection animée par une salle conquise (il y avait parfois un peu de silence entre les différents applaudissements, mais c’était rare) pour en saisir la pleine ampleur. Pas une seule ombre n’étant venue obscurcir le tableau (pas même cette immonde sucette au coca piochée par inadvertance dans mon paquet), nous aurons donc été nombreux à sortir de la séance revigorés et le sourire aux lèvres. Le personnage principal duquel le film tire son nom ne faillit donc pas à sa réputation de bienfaiteur du genre humain. Longue vie à lui ! G.L.

#BalanceTonPorc

En Australie, 90% du pays veut ta peau. Alors si tu échappes aux requins, aux araignées, aux serpents, aux méduses tueuses, au dernier album de Kaaris et aux alligators, il y aura bien toujours un énorme sanglier pour te motter la gueule.

Boar au final, c’est surtout l’occasion de voir Nathan Jones (ancien catcheur de la WWE) se foutre sur la gueule avec un autre porc que Paul Heyman. Alors préparez la ceinture de champion du monde parce que chokeslam et les backbreaker rack vont pleuvoir !

Certains films ne peuvent être appréciés que durant une séance de 00h30 au BIFFF ou mort bourré sur AB3. Et Boar fait clairement partie de cette catégorie filmographique. Avec ses effets spéciaux dignes d’un film français sans Luc Besson et ses dialogues dignes d’un film français avec Luc Besson, nul doute que cette production australienne aura ravi les fans de séries Z.

Et puis bon, SAAAAAAAAAAANGLIEEEEEEEEEEER !!!! O.E.

Olivier Eggermont, Guillaume Limatola et Loïc Smars

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 276 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine