BIFFF 2016 : Jésus 2, le retour. Littérature, zombies, ninjas et consanguins

La cérémonie d’ouverture du BIFFF se déroule généralement de la même manière, deux films présentés, l’un dans la salle principale avec spectacle et discours, et un autre dans une plus petite salle pour ceux juste venus se mater un film un mardi soir ou qui n’ont simplement plus eu de place pour l’ouverture et qui trouvent que ce serait dommage d’être venus jusqu’ici pour rien.

Ayant déjà vu le dernier bébé d’Anders Thomas Jensen (Men and Chicken), on se rabat sur l’autre proposition de la soirée qui promet d’être alléchante : mélangez le classique de Jane Austen, Orgueils et Préjugés, avec des attaques zombies.

Tout démarre avec une animation des désormais habitués Trolls de Trollandia jouant de l’imagerie du Christ, deux jours après les célébrations pascales. Agrémentés d’une parodie de mariage non désiré, les comédiens virevoltent dans tous les sens pour égayer un public déjà en forme par ce premier jour de leurs vacances annuelles.

Avant le film, on a bien sûr droit au traditionnel discours de Guy Delmotte (organisateur du BIFFF), aux commémorations souvenirs des évènements tragiques de la semaine passée et à Yslaire tranchant d’un coup sec le ruban symbolisant le démarrage du 34ème BIFFF.

pride and prejudice and zombies

1 an déjà qu’on a quitté la précédente édition et directement les bonnes (ou mauvaises) habitudes reprennent le dessus, clamer au présentateur qu’il est beau, qu’il a du talent, crier, applaudir, etc. Le public est en forme et il en aura pour son argent : des femmes, des armes, des zombies, des ninjas. Pride and Prejudice and Zombies, c’est l’histoire de 5 filles qui doivent se marier dans l’Angleterre du 19ème siècle. Si les convenances tentent d’être respectées, il y a un hic : une invasion de zombies. Et les filles maîtrisent mieux le combat rapproché avec couteaux et flingues que les bonnes manières d’une société victorienne.

La genèse de ce film est assez étrange. Quand on voit la difficulté, parfois, pour le genre fantastique d’exister au cinéma, on est étonné de voir ce genre de pitch devenir un semi-blockbuster. Encore plus de voir dans les débuts du projet, les noms de David O. Russel (Happiness Therapy) ou Nathalie Portman (Black Swan) qui ont continué à la production après avoir laissé tomber les premiers rôles. Les noms de Mike Newell et Scarlett Johansson ont aussi été évoqués pour finalement échouer auprès d’un obscur réalisateur de commandes de « Zach Efron movies ».

La surprise avait déjà eu lieu avec Abraham Lincoln, chasseur de vampires et ses rumeurs de castings aussi dingues. La parodie d’un classique ou d’une période historique est donc un point commun entre les deux films. Mais on est moins surpris quand on creuse et que l’on découvre que les deux films sont adaptés des romans éponymes de Seth Graham-Smith, tous les deux best-sellers aux USA.

Sans être un excellent film, Pride and Prejudice and Zombies a quelques qualités. La présentation du début en animation carton est grandiose, la photo est nickel et le délire est plus que sympathique. Dommage qu’un montage foireux et du blabla interminable gâchent un peu le plaisir d’une bonne série B. Est-ce dû au public ou le fait d’être en charmante compagnie ? Ou les deux ? En tout cas, pour ma part, cette édition du BIFFF commence de belle manière.

Pendant qu’on profitait d’une Troll (gratuite) bien méritée et d’un détour gustatif au stand Maitrank de l’indéboulonnable Jean-Luc (à retrouver dans l’espace situé entre le bar et les salles), le reste du public du soir finissait la nouvelle folie d’Anders Thomas Jensen.

men and chicken

Révélé par Les Bouchers Verts et adoubé grâce à Adam’s Apple, on avait un peu perdu la trace de Jensen qui a préféré écrire des scénarios mièvres pour Susanne Bier plutôt que de nous enchanter de son univers fantasque. On retrouve bien entendu dans Men and Chicken, Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas et tout le gratin danois pour cette étrange histoire mêlant recherches de racines familiales et manipulations génétiques, de retrouvailles fraternelles et de relations intenses avec les poules du coin. Si je reste partagé et étonné de l’OVNI que j’ai vu, je ne peux que conseiller aux gens d’y aller et découvrir cette œuvre déjantée.

Ce début de festival a été une réussite, mais c’est bien sûr ce 30 mars que tout va réellement commencer, le marathon de films démarre à 14h. Comme les années précédentes au BOZAR, dans deux salles différentes.

Pour les spectateurs de la CINE 2 : démarrage des hostilités à 14h avec Tattooist, un film coréen qui mêle Serial Killer et tatouages. Ensuite, Shamer’s Daughter, tout droit venu de Scandinavie, est adapté d’une série de bouquins d’heroic fantasy. They Look Like People sera bien moins sympathique : on replonge dans l’horreur paranoïaque. A 21h30, découvrez The Strange House, un film chinois au pitch étonnant : une femme est engagée pour jouer la nièce récemment morte d’un inconnu. Après minuit, on se la joue zombies et climat post-apocalyptique avec Pandemic, annoncé comme un mélange de Call of Duty et de REC.

En CINE 1 : un film de braquages français (Enragés) avec Lambert Wilson, Virginie Ledoyen, Franck Gastambide, Guillaume Gouix, etc., un gore turc (Baskin) au réalisateur s’inspirant de David Lynch et Rob Zombie et une séance japonaise mêlant yakuzas et vampires.

C’est tout … pour le moment. Et on n’oublie pas, en mars, ça va gicler du métatarse !

A demain les lardons.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 296 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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