BIFFF 2016 : Et si des yakuzas vampires braquaient une banque turque ?

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Enragés d’Eric Hannezo

Après l’échauffement de l’ouverture, le BIFFF s’installe réellement en ce premier jour de marathon filmique. Dans la salle principale, les réjouissances débutent avec Enragés, présent au BIFFF dans la compétition thriller (« Bonjour le jury »). On nous appâte avec un casting français connu, des flingues et les sous-vêtements de Virginie Ledoyen mais comme le braquage, le visionnage ne va pas vraiment se passer comme prévu.

Dès le générique (esthétiquement sublime, pourtant), on a eu des doutes. Quel est le rapport entre un générique sublime pour un bon slasher et un film de braquage ? Ensuite, si la scène (courte mais réussie) du braquage fonctionne convenablement, on s’ennuye dès que les criminels montent dans la ou les voitures les servant à fuir. Jusqu’au final, assez prévisible.

En gros, Enragés c’est : un bon générique inapproprié, un braquage pas trop pourri, un road trip emmerdant, des acteurs talentueux merdiques, une Virginie Ledoyen qui ne sert qu’à sexualiser le film, une fête de l’Ours complètement hallucinante et ridicule, un climat à l’américaine (tourné au Canada) alors que tout le monde est Français, des rôles mal écrits, des scènes inutiles (c’est quoi ces flashbacks rouges ? et ce gros plan de la lune ?) et un final qui surprend un peu mais qui est au final mal abordé pour être totalement réussi.

Comment avec de si bons acteurs, on peut atteindre un si bas niveau ? Après Run All Night l’année passée qui nous avait fait fuir au bout de 40 minutes, nous avons peut-être trouvé la nouvelle grosse déception. Après avoir été déçu de Liam Neeson, je suis déçu de Lambert Wilson.

Loïc Smars

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Baskin, de Can Evrenol

Après ce démarrage en demi-teinte, la soirée s’est poursuivie avec la projection de Baskin, film d’horreur turc. Can Evrenol, venu introduire son long-métrage, s’est avoué heureux de retourner à Bruxelles, où il avait déjà présenté un court-métrage en 2008, puis s’est plié avec joie à la demande du public de pousser la chansonnette. En quelque sorte du moins, son choix se portant sur le couplet d’un morceau de « rap turc de 1993 », clamé sous les acclamations de la foule, et sous le regard médusé du présentateur. Ce dernier s’est quand même repris en main pour improviser une (sûrement fausse) traduction des paroles, qu’il synthétise en « fuck la police, la société c’est du pipi ». Du grand art.

Passons au film en lui-même. Interrogé sur la production de film d’horreur en Turquie, le réalisateur a avoué que l’année dernière, 22 films de genre y avaient été réalisés, mais que, contrairement à lui, nous pouvions ne pas nous infliger le calvaire de les visionner. Ce qui expliquerait, au passage, qu’ils n’aient pas dépassé les frontières. Si la modestie n’étouffe pas forcément le cinéaste, force est de reconnaître que son essai vaut quant à lui largement le détour. Inspiré d’un court-métrage éponyme de 2013, Baskin suit la descente aux enfers, au propre comme au figuré, d’une brigade de police. Porté par une mise en scène maîtrisée, le film convoque aussi bien la mythologie grecque que des visions que n’aurait pas renié Clive Barker, et revêt des aspects de cauchemar malsain plutôt original.

Si le long-métrage prend son temps avant d’entrer dans le vif du sujet, il le fait cependant sans générer de longueur, se basant au contraire sur sa longue introduction pour instaurer une ambiance de plus en plus pesante. On pourra reprocher quelques facilités de scénario dans la dernière partie, mais force est de reconnaître (une nouvelle fois) que pour un premier long, le résultat est tout de même assez impressionnant.

yakuza apocalypse

Yakuza apocalypse, de Takashi Miike

Dernière projection de la soirée, Yakuza apocalypse s’est révélé dans la droite lignée des films de Takashi Miike, à savoir trop long, foutraque, mais également sacrément jouissif. Pour qui sait apprécier le style. Ce que n’ont certainement pas su faire de nombreux spectateurs, qui n’ont pas hésité à quitter la salle, malgré les vives incitations à rester criées par le reste du public. Comment ne pas tomber sous le charme d’un long-métrage qui présente des criminels faisant du tricot ? Le mystère reste total.

Si l’on peut regretter une certaine forme d’assagissement de la part du réalisateur qu’on a connu plus rentre-dedans, force est de constater qu’il livre néanmoins un film de vampire d’un genre plutôt nouveau. Ici, lorsque l’on est citoyen lambda et que l’on se fait mordre, non seulement hérite-t-on du gêne vampirique, mais également du caractère d’un yakuza, soit un mafieux japonais. Ajoutez à cela une guerre entre gangs rivaux, l’arrivée du « plus grand terroriste » jamais vu au look le plus improbable, et la présence d’un kappa (un monstre mythologique), et vous n’aurez qu’une vague idée de ce que peut-être ce film, véritable manga live absurde et azimuté. De quoi bien terminer la première journée du Ciné 1.

Et on fait quoi ce jeudi en Ciné 1 ?

On commencera la soirée à 18h30 avec The Wave, le blockbuster catastrophe norvégien qui a battu les records au box office de son pays. Assez pour enthousiasmer le public belge ? Pour le prime time de 20h30, The Incident (ou Los Parecidos), un film mexicain, venu un peu de nulle part mais annoncé comme une belle claque. Seul info connue (mais maigre) sur laquelle on s’accroche, la présence en tête d’affiche de Gustavo Sanchez Parra, qu’on a vu dans La Légende Zorro, Amours Chiennes ou Man of Fire. La soirée se terminera avec 31, la dernier rejeton de Rob Zombie, que lui-même annonce comme un de ses plus trashs.

Guillaume Limatola

Et ouais. On est toujours en mars et ça va encore exploser des métatarses !
A demain les loulous.

Guillaume Limatola
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Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine

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