Belles familles, une énorme déception

belles familles poster

Belles familles

de Jean-Paul Rappeneau

Comédie dramatique

Avec Mathieu Amalric, Marine Vacth, Gilles Lellouche

Sorti le 14 octobre 2015

Cette fois, nous y sommes, Jean-Paul Rappeneau est de retour. Cela fait depuis 12 ans et le film Bon Voyage, qu’on n’avait plus trop entendu parler du réalisateur. Pour cette fois, pas de périodes historiques mais un film contemporain, ce qui n’était plus arrivé à l’intéressé depuis encore plus longtemps.

L’histoire est assez simpliste. On suit le retour de Jérôme en France après un long exil à Shanghai. Il apprend par sa famille que le château familial n’est toujours pas vendu et qu’il est au cœur d’un conflit local entre la commune et un entrepreneur. Dans le but de renouer avec son terroir et son histoire, il décide de partir sur un coup de tête pour sa région natale dans l’idée de régler le problème. Jérôme va alors découvrir des secrets sur sa famille mais aussi sur lui-même.

Il faut avouer directement que Rappeneau n’a pas beaucoup changé dans sa manière de travailler. La mise en scène est toujours aussi rapide qu’effrénée et le réalisateur s’entoure encore une fois d’une flopée d’acteurs talentueux. Mais contrairement à ses derniers films, le manque de scénario et de période historique forte enlise le film dans un ennui total. Le film n’a pas d’enjeu, rien d’intéressant à se mettre sur la dent, l’actrice principale sensée être aimée par tout le monde est une peste insupportable, les acteurs sont caricaturaux et donnent l’impression de surjouer, les gags datent d’une autre époque et rendent mal à l’aise, etc.

En définitive, la nouvelle cuvée de Rappeneau est une énorme déception. Nous n’avons droit qu’à une comédie qui plonge totalement dans les stéréotypes décriés de la comédie bourgeoise française. Si le rythme effréné de la mise en scène de Rappeneau peut réjouir dans d’autres films, l’absence de scénario et d’enjeux de celui-ci nous fait remarquer tous ses défauts. Une nouvelle vague dans la comédie française rend les inspirations de Rappeneau totalement obsolètes et cela devrait peut-être le pousser à, comme dans la fin des années 90 et le début des années 2000, continuer sa plongée dans les périodes historiques clés (Bon Voyage) ou les classiques de la littérature (Cyrano, Le hussard sur le toit) qui ont fait son succès.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 304 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.