Batman & Harley Quinn, Happy Birthday Harley

Batman & Harley Quinn

de Sam Liu

Animation, Action, Aventure

Sorti en DVD le 13 septembre 2017

Au cours des années 90, il est un rendez-vous télévisuel qu’aucun enfant ne ratait : Batman : la série animée. Depuis, aucune licence n’est parvenue à se hisser au sommet de ce parangon de l’animation super-héroïque. Plusieurs projets animés mettant en scène le Chevalier Noir furent mis sur pied, comme The Batman, Batman : l’alliance des héros, Beware the Batman ou, pour d’autres super héros de l’écurie DC Comics, Green Lantern : la série animée qui ne dura qu’une seule saison. Chez Marvel, outre une série X-Men assez populaire, et deux séries Spider-Man ayant remporté un franc succès (Spider-Man, l’homme araignée entre 1994 et 1998, et Spectacular Spider-Man en 2008-2009), peu de productions sont parvenues à rivaliser avec la série animée Batman conduite par Bruce Timm et Paul Dini.

En 1992, cette série introduit le personnage de Harley Quinn, ancienne psychologue tombée amoureuse du Joker et ayant quelque peu perdu pied avec la réalité. Rapidement, celle-ci est entrée dans le canon des écritures et est devenue un personnage à part entière de la mythologie DC Comics. Son succès fut tel que Warner Bros en fit l’un des protagonistes phares du désastre Suicide Squad. Galvanisée par le succès de Wonder Woman, la société de production semble désormais tabler sur des personnages féminins pour concurrencer Batman, sa poule aux œufs d’or. C’est ainsi que nous pouvons aujourd’hui voir le dernier né du DC Universe Animated, Batman & Harley Quinn.

Tandis que Poison Ivy s’est alliée à Floronic Man afin de transformer l’humanité en plantes, Batman et Nightwing n’ont d’autre choix que d’entrer en contact avec Harley Quinn, l’ancienne associée de l’empoisonneuse. C’est ainsi que les deux héros seront contraints de former une alliance improbable avec l’une des criminelles les plus déjantées à laquelle le Chevalier Noir ait eu affaire.

La première chose qu’il convient de souligner est qu’il est excessivement agréable de retrouver cette esthétique propre au style de Bruce Timm. Si l’on avait déjà pu la voir dans Justice League : Gods and Monsters en 2016, l’intrigue de ce dernier animé était située dans un monde parallèle et l’on ne retrouvait donc pas les héros de notre enfance. Cette fois-ci, afin de célébrer le vingt-cinquième anniversaire d’Harley Quinn, DC Comics nous offre une plongée dans l’univers animé si cher à ceux qui usèrent leurs culottes courtes dans les années 90.

Néanmoins, si l’on prendra un immense plaisir à retrouver cette esthétique, il convient d’ajouter deux bémols à cela : le premier est que la réalisation n’est pas signée Bruce Timm (il a cependant écrit le scénario), mais Sam Liu qui dirige ici son neuvième long-métrage au sein du DC Universe Animated. Ensuite, l’animation en elle-même s’avère souvent bancale, et l’expérience du spectateur risque de s’en trouver impactée.

Batman & Harley Quinn offre aussi davantage de légèreté que certains des précédents épisodes comme Justice League Dark, Teen Titans : The Judas Contract ou The Killing Joke. Cependant, dans cette dynamique, le studio se sentira obligé de tomber dans le travers de plusieurs des précédentes productions animées DC Comics, à commencer par The Killing Joke dans lequel une scène particulièrement intimiste prenait place entre Batman et Batgirl sans raison apparente. Batman & Harley Quinn nous resservira une séquence similaire n’apportant strictement rien à la narration ou au développement des personnages. L’idée de Warner Bros doit être d’en appeler aux bas instincts du spectateur en accumulant ce genre de références. Suicide Squad avait déjà vu raccourcir le mini-shirt d’Harley Quinn en post-production  et Batman & Harley Quinn intègre ici une dynamique similaire dans l’une de ses séquences. Le film se sentira même obligé de faire une référence au monument de bon goût qu’est xXx, avec Vin Diesel, lorsqu’un personnage dira « Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour Gotham » avant d’accepter de tomber le collant… Dans cette optique raffinée, nous aurons également droit aux flatulences d’Harley Quinn ponctuées par Batman d’un « Ça ne sent pas si mauvais. Ça sent la discipline »…

Par divers égards, cette nouvelle production cherche à rendre hommage à la série télévisée des années 60 dans laquelle le regretté Adam West prêtait ses traits au Chevalier Noir. On trouvera ainsi une musique très colorée sixties, de même que deux numéros chantés. On verra encore diverses onomatopées apparaître à l’écran au cours d’une bagarre dans laquelle Batman entrera après avoir pris soin de finir son verre de lait.

En fait, Batman & Harley Quinn peine par moments à trouver son style. Il se veut ainsi léger et divertissant tout en cherchant à intégrer des passages tournés vers un public plus averti. Ce manque d’identité peut alors devenir un poids à certains moments. Mais le film constitue néanmoins un sympathique divertissement, sorte de Buddy Movie au cours duquel le personnage de Harley Quinn apparaîtra dans sa multitude. Notons cependant qu’aussi divertissant qu’il puisse être le film laissera, ça et là, la place à certaines subtilités, notamment dans une scène post-générique qui n’est pas dénuée de mordant.

On prendra également une fois de plus plaisir à retrouver Kevin Conroy, le Batman de la série animée, au doublage. Quant à Harley Quinn, c’est l’actrice Melissa Rauch (Bernadette de Big Bang Theory) qui lui prêtera sa voix. Sans pour autant provoquer un désastre, celle-ci parviendra cependant difficilement à personnifier l’anti-héroïne, se contentant la plupart du temps de prendre une voix pincée ou de grogner.

En bref, Batman & Harley Quinn est un sympathique divertissement, assez léger dans son ensemble, qui – sans arriver à la cheville du somptueux Batman : Mask of the Phantasm – parvient à tirer sur la corde nostalgique tout en célébrant honorablement le vingt-cinquième anniversaire d’Harley Quinn. Notons enfin que la sortie du film fut accompagnée de la bande annonce du prochain DC animé : Gotham by Gaslight, ou quand Batman combat Jack l’Éventreur dans l’Angleterre victorienne. Vivement la suite !

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Alexandre Alvarez
A propos Alexandre Alvarez 57 Articles
Journaliste du Suricate Magazine