Bastille Day, Paris brûle-t-il ?

BDay_D15_298.CR2 Bastille Day directed by james Watkins with Idris Elba, Richard Madden, Charlotte Le Bon, Kelly Riley, Jose Garcia...

bastille day poster

Bastille Day

de James Watkins

Action, thriller

Avec Idris Elba, Richard Madden, Charlotte Le Bon, Kelly Reilly, José Garcia

Sorti le 4 mai 2016

Nouvelle coproduction franco-américaine d’un film d’action pour Studio Canal – sur le modèle du Gunman de Pierre Morel –, Bastille Day réunit un casting international et l’installe dans un Paris envisagé comme un immense terrain de jeu pour des courses-poursuites et autres passes d’armes entre des agents secrets, des voyous de seconde zone et des terroristes. Dans le contexte actuel, un tel film – façon From Paris with Love – est-il encore recevable ? Rien n’est moins sûr.

Pickpocket à la petite semaine, Michael se retrouve la cible des services secrets lorsqu’un sac qu’il a volé explose en plein Paris. L’agent de la CIA Sean Briar est amené à faire équipe avec lui pour retrouver les vrais coupables et révéler un complot impliquant des flics corrompus et des politiciens véreux, à quelques heures de la fête nationale.

La trame de Bastille Day est on ne peut plus basique et ne réserve aucune surprise – à l’exception d’un twist prévisible quant à l’identité du méchant de l’histoire. Là où le film est un peu plus inattendu, mais pas forcément de manière positive, c’est dans le choix des acteurs. On sait que ce genre de melting-pot international occasionne souvent des erreurs de casting flagrantes, mais Bastille Day atteint un certain niveau de n’importe quoi à cet égard. Non content de caser des britanniques dans des rôles d’Américains (Idris Elba, Richard Madden, Kelly Reilly), le film se paie le luxe d’introduire, en conseiller politique magouilleur, un José Garcia tout en froncements de sourcils et en attitudes pseudo-menaçantes. Ce n’est pas forcément de sa faute mais son « background » comique et l’image qu’il a auprès des spectateurs francophones rend sa tentative totalement manquée et ridicule.

Au-delà de ça, Bastille Day pourrait se contenter d’être une série B pas meilleure ni plus mauvaise qu’une autre, d’autant plus que les scènes d’action sont plutôt bien exécutées. Mais le gros problème de ce film est qu’il arrive au plus mauvais moment qui soit. S’il s’en éloigne dans le déroulement de son intrigue, Bastille Day commence comme une histoire d’attaque terroriste sur Paris, et se met à dépasser largement le cadre du divertissement calibré. Il est désormais impossible de regarder ce genre de films avec un regard vierge et innocent, sans que d’autres images ne se superposent à celle d’un divertissement chorégraphié et esthétisant. Il va désormais être très difficile d’imposer des thrillers de ce type dans le paysage du film français grand public.

Thibaut Grégoire
A propos Thibaut Grégoire 321 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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