8 femmes aux Galeries jusqu’au 6 avril !

de Robert Thomas

Mise en scène : Fabrice Gardin avec Daniela Bisconti, Cécile Florin, Valérie Lemaître, Frédérique Massinon, Wendy Piette, Sandra Raco, Louisse Rocco et Isabelle Roelandt

Du 12 mars au 6 avril 2014 au Théâtre des Galeries

Par une matinée enneigée, 8 femmes se retrouvent pour fêter Noël. Mais, le maître de maison est retrouvé mort dans sa chambre, assassiné d’un coup de couteau. Les fils du téléphone ont été coupés et les câbles de la voiture arrachés. Qui a bien pu commettre cet abominable crime ? Un bandit ou l’une des femmes de la maison ? Et, pour quelle raison ? Tour à tour, les femmes de la maison s’interrogent, se soupçonnent et se rassurent.

Ecrite en 1958, l’histoire n’est pas seulement policière, elle est aussi psychologique. En effet, entre petits mensonges et gros secrets, on découvre progressivement la personnalité de chacune. Les langues liées se délient, les vieilles rancoeurs reviennent à la surface… On est donc amené à avoir une réflexion sur les rapports familiaux et sociaux en général : que connaît-on d’une personne ? Ne cultivons nous pas tous un petit jardin secret que l’on cache à tout prix ?

Pour seul décor, le grand salon-bibliothèque de la maison bourgeoise est remarquable. Grâce aux jeux de lumière, on peut voir la neige s’amonceler sur le châssis des fenêtres et les murs légèrement transparents laissent échapper les ombres. Les comédiennes jouent sans pour autant être directement visibles. On les entend depuis leur chambre et on les voit derrière la porte d’entrée. C’est un huit clos qui n’en est pas un: les femmes sont enfermées et pourtant rares sont les moments où les 8 femmes sont réunies sur scène. La combinaison de ce décor et des costumes choisis par Lionel Lesire nous font délicieusement revivre l’époque des sixties.

Pourtant, dans cette réflexion sur l’être humain, on regrette que les comédiennes ne jouent pas avec une palette d’émotions et de sentiments plus large. Elles connaissent la peur, évidemment un crime vient d’avoir lieu… Et ce dernier ne les rend qu’hystériques. Certaines plus que d’autres, mais il aurait été intéressant de les voir prises de moment de doutes, d’hésitation et même de joie.

8 femmes est donc une histoire policière intrigante faite de décors ingénieux et de costumes d’époques. Tout avait été mis en oeuvre pour que la pièce soit un succès. Dommage donc que la représentation soit trop criarde par moment car cela ne renvoie pas toujours une belle image de la femme. Heureusement, cela ne nous empêche pas de passer un bon moment empreint de suspens et de touches d’humour.

Mathilde Schmit
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