50 nuances plus sombres… ou pas

50 nuances plus sombres

de James Foley

Drame, Érotique

Avec Jamie Dornan, Dakota Johnson, Kim Basinger, Hugh Dancy, Bella Heathcote

Sorti le 8 février 2017

Anastasia Steele, récemment séparée du milliardaire Christian Grey, voit ce dernier essayer de la reconquérir. Troublée, la jeune femme parviendra-t-elle à dépasser ses appréhensions vis-à-vis des pulsions de ce dernier ou, tout du moins, à lui apporter une certaine forme d’apaisement ?

Adapté du second roman de la trilogie d’E.L. James, 50 nuances plus sombres se situe dans la droite lignée de son prédécesseur cinématographique. Les fans apprécieront sans doute, mais ceux qui espéraient que le changement de réalisateur (James Foley remplace Sam Taylor-Wood) aboutirait à un traitement plus adulte et moins fleur-bleue de cette romance pourront repasser.

50  nuances de Grey premier du nom, bien que très loin d’être parfait, avait au moins le mérite de tenter d’apporter quelques idées de mise en scène originales de-ci, de-là. Cela est moins flagrant dans la suite. Autant dire qu’on en attendait plus de la part du responsable du très recommandable Comme un chien enragé, qui signe ici une œuvre impersonnelle à la réalisation passe-partout.

Le film effleure à peine le sadomasochisme pourtant au centre de son sujet, peine à faire naître l’excitation, et se contente d’enchaîner mécaniquement quelques scènes de sexe présentées sans réelle inventivité. Et ce n’est pas l’évolution aléatoire d’Anastasia qui permettra une quelconque implication émotionnelle de la part du spectateur.

Le long-métrage pourrait trouver un semblant de substance dans le personnage de Christian, être tourmenté en lutte constante avec des fêlures et des pulsions destructrices liées à son enfance, qui tente cependant de se reconstruire coûte que coûte. Las, la prestation de Jamie Dornan, pourtant loin d’être déshonorante, peine à apporter le charisme qu’on imagine nécessaire à un tel rôle. Pire, le scénario, au demeurant plutôt fidèle au livre, prend bien soin de gommer ses aspérités et traite ses différents protagonistes de manière bien trop superficielle pour convaincre. De quoi tuer dans l’œuf chaque tentative de suspense en soulignant le manque flagrant d’enjeu d’un film trop lisse qui n’a de plus sombre que son titre.

Guillaume Limatola
A propos Guillaume Limatola 123 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine