13 Hours, du sang et des larmes

13 hours poster

13 Hours

de Michael Bay

Action, Drame

Avec John Krasinski, Pablo Schreiber, James Badge Dale

Sorti le 30 mars 2016

Benghazi, Libye, 11 septembre 2012. Le consulat américain est attaqué. Un groupe d’anciens militaires, chargé de la sécurité d’une base secrète de la CIA non loin de là, décide d’intervenir.

Après Pearl Harbor, Michael Bay s’essaye à nouveau au film de guerre. Si les détracteurs du réalisateurs auront encore à redire, il faut cependant reconnaître que 13 Hours s’avère plus réussi que son prédécesseur, notamment grâce à son intrigue plus resserrée. « Plus réussi » ne voulant pas pour autant dire que le film l’est totalement, qu’en est-il réellement ?

Le premier problème du long-métrage réside dans le manque de caractérisation de ses personnages, ni vraiment charismatiques, ni réellement attachants, qui résulte d’une présentation trop brève et peu approfondie, malgré un début prenant. Si la multiplicité des protagonistes permet une multiplication des points de vue, elle s’avère finalement problématique. En effet, l’impact émotionnel s’est fortement amenuisé face à la difficulté d’identification ressentie par le spectateur. D’autant que de nombreux clichés répondent à l’appel, photos des enfants des militaires regardées avec insistance comprises.

Ce manque évident de finesse est néanmoins tempéré partiellement de temps en temps. Comme dans Pearl Harbor, Michael Bay montre à quelques occasions le camp adverse. Ici, il s’attarde surtout sur l’une des conséquences des attaques, à savoir la tristesse qu’engendre la mort de nombreux participants, quelles que soient leurs origines. Il insiste également sur le fait que les réels commanditaires s’en sortent indemnes tandis que les soldats sont sacrifiés. Rien de bien foncièrement nouveau en soi, mais cela n’empêche pas ces moments de sonner juste.

Si le talent du réalisateur n’est plus à prouver en ce qui concerne la création d’images impressionnantes et la dynamisation de scènes d’action, on peut néanmoins lui reprocher de souvent y sacrifier, au passage, une bonne partie de la gestion de l’espace. En privilégiant un style énergique et en ancrant sa caméra au cœur même d’évènements mouvementés, le réalisateur se défait de la part de lisibilité supplémentaire qu’offrirait une vision plus générale. Ce qui se traduit ici par la difficulté de définir la position des différents intervenants – assaillants comme assiégés – au cour des assauts, nuisant à la compréhension des attaques. Cela ne dessert pas forcément 13 Hours, dans la mesure où l’impression de chaos ambiant est amplifiée, plongeant par là même le spectateur dans la même situation que celle des héros du film. À ce titre, le scénario de Chuck Hogan, l’écrivain derrière The Town (adapté en film par Ben Affleck), se construit principalement dans l’action et préserve son lot de tension. Il n’en suit pas moins une trame prévisible, qui n’est pas sans rappeler celle du récent Du sang et des larmes, lui aussi tiré d’une histoire vraie. De quoi réduire quelque peu l’impact d’un suspense pourtant installé de manière assez ingénieuse et levant quelque peu le voile sur des événements pas forcément connus, ou du moins pas tels qu’ils sont représentés ici.

Guillaume Limatola
A propos Guillaume Limatola 123 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine

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